Bienvenue

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Alors, bonjour à tous/toutes !


Je suis Ayuma.
La fiction postée ici n'est pas la mienne, mais celle de undrockroll qui écrit des fictions en anglais, et j'en traduit une qui se nomme donc Little Things: lien vers l'original.

C'est Gabuliellu qui a été la beta tout au long de cette fiction.

Donc, ne me remerciez pas personnelement, mais jugez la fiction. Tous les chapitres sont déjà traduits, j'attend des commentaires pour vous poster la suite : )

Elle vaut vraiment la peine d'être lu ! C'est une petite merveille, à ne pas manquer, incontournable ! Alors regalez vous bande de perverses :)


# Posté le mardi 05 mai 2009 12:48

Modifié le dimanche 17 mai 2009 15:17

Chapitre 1/12

Chapitre 1/12
Alors voila la traduction du premier chapitre, le point de vue est centrée sur Andreas, le meilleur ami des jumeaux, et ça se passe quand ils étaient plus jeunes, mais lisez, c'est génial :D

Ce qui est souligné dans le texte est dit aussi en français dans la fiction originale
__________


Andreas faisait de son mieux pour rester invisible.

Il arriva à travers le hall de sa nouvelle école, gardant la tête baissée. C'était stupide d'éviter le regard des autres et il le savait. Il était déjà livré à lui-même. La mauvaise blague durerait jusqu'à la fin de la journée, et il reviendrait dans sa maison où il pourrait être seul à nouveau. Si il pouvait juste passé cette première journée, il savait que toutes les autres pouvaient être supportable.

La seconde sonnerie retentit. Andreas soupira et commença à légèrement pousser à travers la foule, regardant le bas de la feuille dans sa main. Elle était froissée et plutôt sale, et elle contenait la nouvelle classe prévue pour lui. Il était en retard pour le français.

« Merde, » jura-t-il hors d'haleine, jetant un coup d'½il en l'air pour vérifier les numéros sur les portes des salles de classe. C'était fermé.

Finalement il arriva à la bonne salle et marqua une courte pause à l'extérieur de celle-ci avant d'y entrer. Il ne savait pas comment faire son entrée, ni à quoi sa première impression ressemblerait. Il n'avait pas fait de projets avec aucun de ses amis dans cet endroit. Il hissa son sac de cours sur ses épaules et entra calmement, choisissant une place dans le fond.

La salle était maintenant pleine, mais le professeur n'avait pas encore commencé. Andreas se tassa derrière son bureau et regarda furtivement toute la classe. Il vit le même genre d'enfants qu'il avait connus à son ancienne école. Il y avait le petit groupe de filles qui pensaient être mieux que n'importe qui, le groupe de garçons bruyants qui faisaient du sport, les enfants de bohème qui font tous ce qu'il peuvent pour se détacher sans montrer qu'ils essayent. Il n'en était intéressé par aucun, et il était sûr et certain que personne ne serait intéressé par lui.

Le professeur attira l'attention de la classe et fit l'appel. Elle prononça mal le nom d'Andreas et il dit juste poliment « ici », sans prendre la peine de la corriger. En plein milieu de son appel, deux garçons déboulèrent dans la classe. Un, dont les cheveux étaient noirs, pris une place vers le milieu de la salle. L'autre, qui avait les cheveux longs, blond foncé en dreadlocks, se glissa maladroitement au bureau sur à droite d'Andréas.

« Tom, Bill, » marmonna le professeur, s'inclinant vers eux sévèrement. Celui aux cheveux noirs se contenta de hausser les épaules et celui à côté d'Andreas grommela dans son souffle. Andreas se sourit à lui-même et regarda en bas de son bureau, sentant un mouvement constant venant du garçon à côté de lui. Il jeta un coup d'½il. Le garçon, Tom ou Bill, était en train de finir avec précipitation des devoirs. Andreas vit que c'était des devoirs de Biologie. Il avait Biologie à l'heure qui suivait, probablement avec Tom-ou-Bill.

L'enseignante dit aux étudiants de se mettre par deux et de se demander des choses à propos de leur week-end, en français. Andreas gémit doucement et tourna sa tête vers le mur, espérant pouvoir y échapper. Ce ne fut pas long avant qu'il reçoive un coup de coude sur son épaule.

Quand il tourna sa tête il vit le garçon aux cheveux bonds foncés, ses yeux marrons plantés sur lui. « Hey, » dit-il. « T'es nouveau. »

« En quelque sorte, » répondit Andreas, se rasseyant bien. « Je veux dire, ouais. »

« Donc, bonjour, » continua le jeune aux yeux bruns. « Je m'appelle Tom »

« Uh, » dit Andreas, bloquant sur ses mots. « Andreas. »

« Tu viens d'où ? »

« Pas d'ici, » bredouilla-t-il, se tassant encore sur sa chaise. « Quelque part d'autre. »

« Connerie, tu viens d'où ? » Le pressa Tom.

Andreas lui lança un regard étrange. « La ville. »

« Cool, » répondit Tom. Le professeur vint tout près d'eux et il fit glisser ses devoirs de Biologie sous son livre de Français. « T'es arrivé quand ? Fais semblant que je te parle en français. »

Andreas rit brièvement. « Il y a deux semaines environ. »

« Pourquoi t'as attendu si longtemps pour venir à l'école ? »

« J'ai aidé mon père à quelques trucs... » Andreas s'arrêta, il se sentait soudain mal à l'aise. Cet enfant Tom semblait vraiment lire en lui. Il regarda Tom jeter lentement un coup d'½il derrière son devoir et griffonner quelques phrases. « Je pense que j'ai Bio avec toi après. »

« Pourquoi ? »

« Parce que t'es pressé de finir ces devoirs de Bio ? » dit faiblement Andreas. Il se sentait vraiment observé par Tom, pour certaines raisons.

« Oh. » Tom le regarda et sembla y réfléchir. « Ouais, Bio après. »

L'attention de celui-ci partit ailleurs alors qu'il levait les yeux et montrait le coin de ses devoirs à quelqu'un. Quand Andreas jeta un coup d'oeil il vit le garçon aux cheveux noirs, Bill, se tourner sur sa chaise, souriant à Tom. Il y avait de l'eyeliner noir souligné autour des yeux de Bill, et ses cheveux étaient stylisés en des pointes tournantes avec une tonne de produit. La fille avec qui Bill travaillait fronça les sourcils et regardait avec pitié.

« C'est qui ? » demanda Andreas.

Tom regarda à vive allure plus loin que Bill. « Ca ? C'est Kathryne, » répondit doucement Tom.

« Non, je parlais de-»

« Bien, les enfants, » dit le professeur à voix haute, et Tom gribouilla encore quelques réponses de son devoirs de Biologie. Bill ne se retourna pas tout de suite ; son regard s'attarda sur Tom et Andréas pour un petit moment avant que Kathryne lui siffle quelque chose. Juste avant de se retourner, Bill ancra ses yeux dans ceux d'Andreas, et ils étincelèrent au-dessus de son sourire amusé.

Andreas tourna la tête vers le fond de la classe et se concentra sur ce que la prof disait. Il avait raté sa règle numéro un : ne parler à personne, ne pas se rendre intéressant. Ok, alors Tom était étrange mais il s'était ouvert et avait essayer de parvenir à comprendre Andreas. C'était bien plus que n'importe qui avait fait en si peu de temps.

Il s'était rendu compte qu'il avait Biologie avec Tom pour l'heure suivante, mais pas Bill. Il n'était pas sûr de ce qui était si intéressant à propos des deux, il ne les connaissait même pas. Il avait à peine parlé à Tom. Cependant, il fit l'effort de les chercher dans le hall, dans la classe, et partout ailleurs. Ils devaient être sortis de la foule, après tout.

Le dernier cours de la journée était mathématique. Andreas remarqua que le brun foncé, portant du maquillage, Bill, était dans ce cours. Quand il arriva dans la salle, Bill était déjà là, assis dans le coin avec ses bras repliés fermement sur sa poitrine. Il semblait malheureux, cependant provoquant. Andreas choisi soigneusement le bureau deux places derrière Bill et s'assis rapidement.

« C'est un vampire, » dit fort une fille à son ami, pointant son pouce vers Bill. « C'est pas stupide ? »

Son amie ricana. « Comment sont supposés être ses cheveux aujourd'hui, alors ? »

« Est-ce qu'il parle? » demanda la première fille, se moquant de Bill.

Andreas regarda Bill bouger sur son siège et écouter en soupirant. Maintenant il comprenait pourquoi il semblait malheureux.

« Il ne parle pas aux filles, » dit méchamment la copine de la fille.

« Oh, vraiment. » La première fille ria de façon diabolique. « Pédé. »

Andreas leva les yeux au ciel et regarda ailleurs. Il ne comprenait pas Bill, il ne comprenait pas quel genre de personne il était ou si il méritait un tel traitement, mais ça le gênait de le regarder. Il était soulagé quand le professeur entra et rappela la classe à l'ordre.

Quand le cours fut fini, Bill se leva avant que la sonnerie retentisse et remua vers la sortie de la salle, tête baissée. Andreas était maintenant un petit peu déçu. Malgré sa résolution de ne parler à personne ce jour, il voulait vraiment une sorte d'échange avec Bill.

Andreas pris le bus pour rentrer en silence, sa tête appuyée contre la vitre. Il rentra dans la maison vide et soupira, se laissant aller à l'intérieur et posa la clef sur la table de la cuisine. Son père ne rentrerait pas à la maison d'ici quatre heures. Il était le directeur d'une grande compagnie de la ville et aussi loin que les souvenirs d'Andreas le ramènent, il n'était jamais à la maison avant sept heures. Parfois même plus tard.

Il traîna à la cuisine, cherchant quelque chose à manger. La maison manquait des objets de première nécessité, et ils avaient été bougés pendant près de trois semaines. Le bordel du déménagement été passé et Andreas se demanda pourquoi ils n'avaient pas de pain ou de confiture.

Andreas déambula sur le porche de devant et s'assit. C'était un charmant jour d'automne, la température et la brise étaient juste parfaites. Il se demanda alors ce que Tom et Bill faisaient. Etaient-ils du genre des enfants qui rentrent directement chez eux après l'école ? Prenaient-ils le bus ? Avaient-ils quelqu'un pour les ramener chez eux ?

Une voiture noire et élégante se gara dans l'allée et Andreas haleta doucement. Son père rentrait extrêmement tôt. Il se leva et lissa sa chemise, vérifiant les plis de son pantalon. Alors il redressa la chaise sur laquelle il était assis. Au moment où son père arriva à la porte, Andreas était prêt.

« Bonjour, » le salua son père fatigué. Il donna sa mallette à Andreas qui la posa docilement sur la table de cuisine. « Comment était ta journée ? »

« C'était bien, » répondit doucement Andreas. « Comment se fait-il que tu rentres si tôt à la maison ? »

« Je ne pense pas que ça te concerne, » lui dit son père. « Je voulais vraiment revenir et voir comment s'était passé ton premier jour d'école. »

« C'était bien. »

« Andreas... »

Andreas soupira légèrement. « Les profs sont biens, l'école est agréable. Je n'ai rencontré personne, » ajouta-t-il, décidant de camoufler ses rencontres étranges avec Tom et Bill. « J'ai des devoirs, j'allais juste les commencer. »

Son père approuva d'un signe de tête. « Tu dois rester le meilleur dans les études maintenant. »

« Je le ferai, » dit vaguement Andreas.

« Enlève tes cheveux de tes yeux, t'as l'air ridicule. »

Andreas balança rapidement sa tête et ses cheveux, sur un long côté maintenant, retombèrent derrière ses oreilles. « Désolé. »

« Tu penses que les choses seront meilleures ici ? » La voix de son père pris un ton plus doux, mais Andreas ne le remarqua pas.

« Ouais... Oui. » Andreas hocha la tête, fixant le sol. « Merci. »

Son père le tapota sur l'épaule, pas d'un geste chaleureux, et quitta la pièce. Andréas soupira de nouveau et partit prendre son sac à dos. Sans amis, aucune envie de sortir, aucun projet pour quoi que ce soit, il savait qu'il aurait au moins tous ses devoirs de fait. Il se demandait pourquoi Tom avait si frénétiquement essayé de finir son devoir à la dernière minute en cours de français. Qu'avaient-ils fait le soir ? Etaient-ils de bons amis ?

Il se surprit à encore se le demander.

Il se le demanda toute la nuit.


# Posté le mardi 05 mai 2009 12:49

Modifié le dimanche 28 juin 2009 14:49

Chapitre 2/12

Chapitre 2/12
Voici la suite !
N'hésitez pas à commenter :roll:
Et, toujours pareil, ce qui est souligné est en français dans la version original.



__________




Une semaine passa. Andreas n'avait fait aucun progrès pour rencontrer des gens. Les mystérieux Bill et Tom étaient souvent absents, et Andreas en était arrivé à toutes sortes de raisons pour lesquelles ils n'étaient pas là. Plus il s'ennuyait, plus les raisons étaient créatifs.

Il avait seulement échangé quelques mots avec Tom en cours de français, et ceux-ci pas toujours dans sa langue. Bill était le plus indéfinissable. Andreas avait commencé à avoir une routine vraiment fatigante tous les jours : se réveiller, aller à l'école, rentrer à la maison, faire ses devoirs, aller dormir. Même pour quelqu'un qui était tellement posé avec soi-même, il mourrait d'envie d'avoir du contact humain.

Un Jeudi au déjeuner, Andreas déambula dans le réfectoire, repérant les tables. Il n'avait pas mangé au déjeuner de toute la semaine car il ne voulait pas faire face au fait d'être assis tout seul mais ce jour particulier, il avait juste faim. Il avait apporté une pomme et quelques biscuits.

Il vit Bill assis à une table dans le coin, seul. Andreas sentit son ventre se tordre. Il savait qu'il devrait juste marcher jusque là bas et demander s'il pourrait s'asseoir. Bien sur rien n'était plus humiliant que de déjeuner à une table rejeté, mais il désira prendre le risque.

Alors qu'il s'approchait de la table, Bill leva les yeux péniblement. Andreas offrit un faible sourire. Bill sourit en retour.

« Hey, » dit maladroitement Andreas. « Um. Je peux m'asseoir ? »

« Si tu arrives à trouver de la place, » répondit Bill.

Andreas rit un peu et s'assit sur la chaise de l'autre coté de la table vide en face de Bill. « Je suis Andreas. »

« Bill. »

« Ouais, » dit Andreas, sortant sa nourriture.

« Pourquoi tu t'es assis avec moi ? » demanda Bill avec méfiance.

Andreas leva les yeux. Bill portait une chemise bleue fermée par des épingles à nourrice. Ses ongles étaient peints dans une alternance de motifs rouges et noirs, et il y avait des lignes aux airs Egyptiennes autour de ses yeux dans un lourd maquillage sombre. Ses cheveux étaient pointus et droits.

« Je le voulais, » dit prudemment Andreas, espérant que sa simple réponse était suffisante.

Bill plissa les yeux et sembla le considérer. « Tu es le premier. »

Andreas ne comprenait ce que ça voulait dire. Il ouvrit ses biscuits et fit tourner sa pomme. « Ouais, bien... les gens craignent. »

Les yeux de Bill s'égayèrent et il offrit un tout petit sourire. « Je ne suis pas seul d'habitude. »

« Oh ? » Quelque chose à ce propos fit que les épaules d'Andreas se baissent. « Juste aujourd'hui ? »



« Mon frère n'est pas là. »

« Oh... » Andreas était vraiment embarrassé par ses mots. Il se camoufla en mordant sa pomme. « Où est-il ? »

« Malade. »

Andreas hocha la tête. « C'est mauvais. »

« Il fait semblant. »

« La chance. »

Bill eut un infime sourire, amusé sur ses lèvres. « Je suppose que t'es nouveau ici. »

Andreas hocha à nouveau la tête. « Il n'y a pas grand-chose à faire dans cette ville. »

Bill rit. « Non, il n'y a rien à faire dans cette ville. »

« Qu'est ce que tu fais d'habitude ? »

« Je traîne avec Tom. »

« Où il est aujourd'hui ? » Demanda Andreas, reposant sa pomme.

« Je te l'ai dit.... Il est malade. »

« C'est ton frère ? » Andreas essaya de se rappeler une quelconque ressemblance familiale. « Aîné ou cadet ? »

« Aîné, » dit brièvement Bill. « De dix minutes. »


« Vous êtes vraiment jumeaux ? » Ne put s'empêcher de demander Andreas dans l'incrédulité. Il ne l'aurait jamais deviné et il se demandait si Bill se moquait de lui.

« Yep. »



Andreas agita la tête. « Je ne savais pas. »

« Tu ne pouvais pas... tu es nouveau, » dit simplement Bill. Il tourna son attention de son déjeuner et commença à pousser les choses autour de lui. « Où est-ce que tu vis ? »

« Rue de Berlin... de l'autre côté de la ville. »

« Je sais où c'est. »

Andreas hocha la tête.

« S½urs ? Frères ? » Demanda Bill.



« Juste mon père et moi, » répondit anxieusement Andreas. Il espérait que Bill n'aille pas plus loin.

« Oh. Je me fiche de ces filles qui disent des trucs sur moi, au fait, » dit Bill. « Je sais que tu les as entendu en maths. Je m'en moque. J'ai l'habitude. Tom et moi avons l'habitude. »

Andreas remua inconfortablement. « Je m'en... fiche. »

« Tom dit que ce sont des salopes, » dit Bill, déballant une pâtisserie et la posant sur la table. « Je pense qu'il a raison. »

« Je connais ce genre de personnes. » Andreas observa comme Bill pris un couteau et une fourchette et commença à couper la pâtisserie en petits morceaux. Il choisit un des morceaux et le trempa dans une brique de lait ouverte, et le laissa se mouiller pendant un moment.

Andreas était assez convaincu qu'il déjeunait avec le monstre scolaire.

« C'est pas important, de toute façon, » continua Bill. Andreas tressailli quand Bill mit la pâtisserie ramollie dans sa bouche. « Vous avez parlé de quoi, toi et Tom ? »

« Huh ? »

« En français. » Bill avala et se pencha en avant, pianotant ses ongles vernis sur la table. Il fixait réellement Andreas, ses yeux marron brûlants.

« Rien de spécial, » dit Andreas. Il sentit comme s'il avait été interrogé. « Juste un peu de la classe, et il m'a parlé de certaines filles... »

« Qu'est ce qu'il t'as dit ? » Insista Bill.

« Leurs noms... Tu habites où ? »

Bill se détendit et mangea un peu plus de sa pâtisserie. « Pas loin, nous pouvons marcher ou prendre le bus. D'habitude nous marchons car le bus... » Il sembla chercher puis haussa les épaules. « Tout le monde dit que je suis un monstre. »

« Pourquoi ? » Andreas voulut se gifler pour l'avoir demander.

Bill soupira fortement et recula sa chaise. « Je ne sais pas, tu me diras. » Il tourna son cou sur le côté et afficha un hématome. « J'ai eu celui là parce que ce type pensait que mes ongles étaient stupides. » Il remonta ses manches et montra la marque d'une petite brûlure brune sur son avant-bras. « J'ai fais l'erreur de marcher près d'un groupe de gamins plus vieux la semaine dernière. Ils étaient en train de fumer et ouais... il est pas mal blessé. »

« C'est dégueulasse, » dit Andreas, faisant une grimace et posant sa pomme. « Tu ne peux pas... faire quelque chose ? Ralentir les choses, peut être ? Ca ne serait pas plus facile ? »

Bill sembla horrifier. « Pas moyen. Il y a tous les autres qui ont ce problème. Je fais juste ce que je veux. »

« Tom le sait ? »

Tout le visage de Bill s'éclaircit. « Ouais, il fait tout ce qu'il peut. Je déteste ça, quand il se bat avec des gens mais... » Il haussa les épaules. « Ce n'est pas tout à fait simple pour nous. Elle ressemblait à quoi ta dernière école ? »

« Beaucoup à celle-ci, » dit Andreas, soulagé de changer de sujet. « Ennuyeuse. On ne peut pas attendre pour aller à la maison. Bien. On ne peut pas attendre pour sortir d'ici, du moins. »

« Ta maison craint ? » Demanda Bill.

« Elle est... » Andreas pris une autre bouchée de sa pomme. « Je suis un enfant dépendant. La maison n'a personne jusqu'à la fin du dîner. »

« La chance ! Ma mère est tout le temps à la maison. Elle est peintre alors elle a sa sorte de studio, » dit Bill, roulant des yeux. « Gordon est un prof de guitare donc il rentre souvent autour de la nuit tombée. »

« Gordon ? »

« Beau-père, » dit rapidement Bill, ses joues roses. « Oh, je dois y aller. J'ai besoin de trouver de la monnaie par terre ou autre comme ça je peux aller appeler Tom d'une cabine téléphonique et voir comment il va. » Il se leva et commença à pousser la nourriture restante dans la brique de lait.


« J'ai de l'argent, si tu veux, » dit Andreas, fouillant dans la poche de son jean. Il en retira deux pièces et les tendit à Bill. « Je pense que c'est suffisant. »

Bill hésita et leva les yeux vers Andreas. « Vraiment ? »

« Ils ne vont pas te casser la gueule, je te le promets. »

Bill ris un peu. « Ok.... Merci ! Au revoir. »

Andreas regardait alors Bill s'en allait, à travers les tables. Quelques enfants aux tables se moquèrent de lui, tandis qu'il marchait, et certains commencèrent à chuchoter ou regarder méchamment. Bill sembla ne pas remarquer, garda juste la tête haute et compta la monnaie dans sa paume ouverte, tandis qu'il flânait devant eux.

Bill avait laissé sa brique de lait sur la table, écrasé et rempli avec le pire assemblement de nourriture et boisson qu'Andreas n'avait jamais vu. Il était enchanté, malgré ça. Il ne pouvait pas tout à fait capter pourquoi, mais il sentit comme quelque chose qui avait changé en lui.

**

Le père d'Andreas tourna la page du journal et s'éclaircit la gorge pendant qu'Andreas mangeait tranquillement ses céréales. C'était un lundi matin, et après un week-end étant lui-même, avec ses devoirs et son père, Andreas était tout à fait prêt à retourner à l'école.


« Tu as fini tous tes devoirs ? »

Andreas détourna le regard de ses céréales. Son père avait le regard fixé sur lui à travers ses lunettes. Andreas reposa sa cuillère et pris à boire dans un verre. « Ouais. Oui. Je les ai fini hier après midi. »

Son père hocha la tête. « Qu'est-ce que tu fais après l'école ? »

« Je rentre à la maison et fais mes devoirs, et ensuite je reste assis. »

« Pourquoi tu ne sors pas pour jouer au foot ? » Demanda son père, pliant le journal et le posant sur la table. « T'as l'habitude de toujours être occupé avec ton équipe de football. »

Andreas eu un mouvement de recul. « Je ne veux pas. Je ne suis plus là-dedans. »

« Tu devrais faire quelque chose, » dit son père, soulevant sa tasse de café. « Je n'aime pas que tu rentres seulement à la maison en ne faisant rien. »

« Je fais mes devoirs. »

« Andreas, » dit préventivement son père.

Andreas leva le regard de ses céréales. « Je suppose que je regarderai des essais de football. »

« C'est bien, » dit le père d'Andreas, courbé. « Tu es meilleur pour ça. »

Andreas s'excusa et se prépara à partir à l'école. Il ne voulait plus parler à son père. Ils étaient des étrangers complets l'un envers l'autre, et Andreas se trouvait en manque de sa mère. Quand sa mère était présente, il ne se sentait obliger de rien. Maintenant, tout à la maison était une corvée.

Il alla au bus et le pris jusqu'à l'école en silence. Les autres enfants bavardaient avec agitation, provoquant des dérangements, flirtant. Andreas ignorait tout ça, se demandant s'il aurait une entrevue avec Tom et Bill cette semaine. Il y avait des jours où ils étaient tous les deux absents, ou un seul des deux l'était, et il espéra que les deux pourraient être là.

Quand il descendit du bus il les vit tout de suite. Tom était en train de faire du skateboard dans le parking de l'école et Bill courrait après lui, balançant son sac à bandoulière contre les jambes de son frère et riant fort. Andreas ne pus s'empêcher de sourire. Tom finit par donner un petit coup à son skateboard et à ralentir pour avancer à la même vitesse que Bill. Bill le poussa durement avec son épaule et Tom trébucha dans un groupe de gosses. Ils grimacèrent tous aux jumeaux et Tom rit juste et accrocha son antivol à Bill.

Andreas commença à marcher derrière eux dans l'édifice. Il était content que les deux soient là, et il savait qu'il avait quelques chances aujourd'hui pour leur parler. Il était à peu près à vingt mètres derrière eux, et il pu voir Bill qui portait une basket de course et une botte de neige. Ses cheveux étaient formés en des petits ensembles et il portait un poncho orange brillant. Les dreadlocks de Tom étaient en tas sur le haut de sa tête.



Andreas n'avait jamais rencontré de gens étranges mais il mourrait d'envie d'être dans l'exclusivité, dans le petit club bizarre. Il ne pouvait pas s'arrêter de penser à eux, se demandant ce qu'ils étaient en train de faire, s'ils avaient pensé ou parlé de lui en retour. Il en doutait ; les jumeaux semblaient tellement absorbés l'un par l'autre, parce qu'ils devaient l'être, il n'y avait aucun moment pour quelqu'un d'autre.

Il les suivit, se demandant où ils allaient. Depuis qu'ils étaient si fugueurs il savait qu'il devait planifier leurs emplois du temps pour qu'il sache où chercher. Il resta derrière eux jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent à une rangée de casiers. Bill laissa tomber son sac et colla sa lèvre inférieure à Tom. Tom roula des yeux et déposa son skateboard sur le sol, commençant à manier maladroitement un casier. Bill marcha sur le skate et roula dans les deux sens, vacillant. Il ôta son poncho de sa tête et Andreas se sentit gêné intérieurement. Bill portait la plus affreuse chemise à cravate qu'il n'avait jamais vu sur personne.

Tom sembla le penser aussi car quand il leva les yeux, il le montra du doigt et rit. Bill grimaça et tira sur les cheveux de Tom, et le tas de dreadlocks dégringola, sur le visage de Tom. Tom tapota Bill et on avait l'impression que Bill ricanait follement. Le casier avec lequel Tom avait été si maladroit s'ouvrit avec un boum et ils fourrèrent tous les deux leurs affaires à l'intérieur. Tom accrocha sa jambe derrière le genou de Bill et celui-ci dégringola du skate, tombant contre le mur et hurlant quelque chose à Tom.

Andreas regardait, fasciné. Il était derrière une foule de gens qui semblaient oublier la scène comique qui se déroulait juste à côté d'eux. Tom rangea son skate et le glissa à l'intérieur du casier. Il sortit deux piles de livres, en remis certains à Bill, et donna ensuite un coup dans le casier pour le fermer. Bill pinça le ventre de Tom, et puis ils partirent.

« Wow, » marmonna Andreas. Il voulut les suivre mais il était terrifié à l'idée de se faire capter. Il voulait être amis avec eux, pas les effrayer. Bien qu'il pensait qu'il serait quasiment impossible d'effrayer ces deux là.

Il passa toute la journée comme un zombie jusqu'à ce que vienne l'heure du cours de français. Sa journée entière avait mené à cela. Quand il arriva dans la salle de classe, il s'assura de s'asseoir à la même place que d'habitude. Les jumeaux n'étaient pas encore là. Andreas paniqua un moment. Peut être qu'ils ne viendraient pas.

La cloche sonna, et Tom courut à la dernière seconde et se glissa dans le siège à côté d'Andreas. Ils se sourirent. Où était Bill ?

« Bonjour à tous, » dit le professeur, penché derrière son bureau au devant de la pièce. « Aujourd'hui nous allons commencer par quelques dialogues. S'il vous plait choisissez un partenaire et inventez une conversation, en français, que l'on aurait si on prévoyait d'aller en vacances. Commencez. »

Tom balança immédiatement ses jambes pour faire face à Andreas. « Encore bonjour, » dit-il, rigolant.

« Bienvenue, je pense, » répondit Andreas. « Où est Bill ? »

« En français ? »

Andreas haussa les épaules. « Je veux dire, je pensais l'avoir vu ce matin. »

« Ouais, tu ne peux pas le louper aujourd'hui, » dit Tom, plissant le nez. « Il fait une petite sieste à l'infirmerie. »

Andreas rit. « Est-ce qu'il le fait beaucoup ? »

« Nous sommes aller dehors tard hier soir, » dit Tom. Il recommença à faire rapidement ses devoirs de biologie.

« Vous faisiez quoi ? » Andreas essaya de jeter discrètement un coup d'½il aux réponses rapides de Tom. Elles semblaient toutes être correctes. « Tu n'as pas peur que tout soit faux ? »

Tom sembla affligé un moment. « Non, je suis vraiment fort en bio, » dit il. « Je déteste juste ça. Nous étions au parc, assis sur des vieilles balançoires, et essayions l'herbe de maman. »

Andreas ouvrit en grand ses yeux marron. « Vraiment ?? »

Tom hocha la tête. « J'ai la tête pas très nette aujourd'hui. »

« Vous n'avez pas de couvre-feu ? »

« Nah. » Tom soutint son devoir. « Tu veux le copier ? »

« Non, merci, j'ai fait le mien hier soir. Où est le parc où vous êtes allé les mecs ? »

« Derrière la rue de Berlin. Nous y allons beaucoup, nous avons construit notre espèce de château fort dans les bois là-bas. C'est cool. Nous sommes devenus trop grands il y a des années, et maintenant nous y allons juste comme ça et faisons cette stupide merde, » répondit Tom. Il toussa plusieurs fois. « Putain d'herbe. »

Andreas voulut rire, mais il savait qu'il ne serait pas capable de le faire assez discrètement. Il se retenu. « Je vis sur la rue de Berlin. »

« Vraiment ? Wow. »

« Alors vous devez vivre assez près de chez moi, si vous avez marché jusque là, » dit Andreas, essayant prudemment de trouver où les jumeaux habitaient.




« Non, pas près, vraiment. J'y vais en skate et Bill s'assoit derrière. Je déteste quand il fait ça, il a un vélo. Mais il ne sait pas s'en servir, » dit Tom. Il posa son devoir plus loin pendant que l'enseignante venait tout près. « D'habitude, je voyage à la plage quand je vais en vacances. Et vous ? »

Andreas devint nerveux. Son français n'était pas bon. Chanceux, le professeur continua de marcher. « Désolé, » chuchota Andreas.

« Je suis vraiment fort en français, aussi, » dit Tom pour s'excuser. Andreas fronça les sourcils. Tom était un de ces enfants qui était juste facilement intelligent.

« Donc vous allez beaucoup à ce parc ? » demanda Andreas.

« Mm... parfois. Nous traînons beaucoup au magasin de disques. Même quand il est fermé. C'est facile d'entrer, » dit Tom. « Aussi, au vieux cinéma... je suppose qu'il est fermé parce qu'il est dangereux mais nous y allons assez souvent et rien n'est encore arrivé. »

« Super, » murmura Andreas. « Bill disait qu'il n'y avait rien à faire dans cette ville. »

« Il n'y a rien à faire, » dit simplement Tom. « Tu dois vraiment t'ennuyer pour inventer quelques-uns de ces trucs que nous faisons. »

Andreas rit légèrement. « N'importe quoi bat la séance à la maison avec mon père et les devoirs à faire. »

Tom fit un bruit compatissant et allait dire quelque chose quand l'enseignante tapât deux fois dans ses mains.

Andreas savait que lui et Tom avaient fini de parler pour aujourd'hui. Il avait découvert beaucoup de choses à propos d'eux, cependant, et qui lui en donnait au moins plus pour penser.

Il allait devoir se souvenir de l'affaire à propos du parc.

# Posté le vendredi 08 mai 2009 11:49

Modifié le dimanche 28 juin 2009 14:49

Chapitre 3/12

Chapitre 3/12
Voila pour la suite :)

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Andreas descendit son chapeau sur ses yeux, un samedi matin tandis qu'il descendait le trottoir vers le centre ville. Il faisait plutôt froid étant donné qu'on s'approchait de Novembre. Il s'était levé tôt et avait fini ses devoirs donc il était tranquille pour le reste du week-end. Il n'avait pas encore eu la chance de visiter le centre ville, et il avait décidé d'y aller.

Il contourna un coin de rue et les maisons commençaient à devenir de plus en plus bizarres, comme un petit village. Elles étaient toutes proches les unes des autres et de la même couleur. Il avait dû marcher sur une certaine distance pour arriver si loin.

La première chose qu'il vit quand il atteignit le centre ville fut une banque. Puis il vit une station service, une librairie et une boulangerie. Andreas soupira, il était habitué de la vie en ville et ce village était comme une maison de poupées, ou une chose qui viendrait d'un vieux film. Il ne pouvait pas croire que c'était vrai.

Ensuite, il se dirigea vers l'autre côté de la rue et vit un magasin de disques.

A l'extérieur de la boutique il s'aperçut qu'il y avait un skateboard très familier, appuyé contre le bâtiment.

Andreas se sentit immédiatement comme une sorte de stalker, mais bien sûr il ne savait pas que les jumeaux seraient là. Il espérait profondément qu'ils le seraient, évidemment. Ca ne l'empêchait pas d'avoir le sentiment de s'imposer quand même dans tout ça.

Il commença à s'éloigner puis réalisa que ça ne paraîtrait pas bizarre aux jumeaux s'il se montrait. Ils ne savaient vraiment pas à quel point Andreas pouvait penser à eux. Il se pourrait même qu'ils soient contents de le voir.

Andreas traversa la rue en courant doucement, évitant la circulation ralentir. Il regarda à la fenêtre du magasin de disques avant d'entrer, et vit Bill assis sur le comptoir, les pieds pendants, et Tom debout juste à côté, riant de quelque chose. Andreas poussa la porte qui s'ouvrit et quelques clochettes au dessus de la porte tintèrent. Il se sentit intimidé quand chacun dans le magasin jeta un coup d'½il vers lui.

Bill sourit largement et fit un signe de main depuis le haut du comptoir. « Salut. »

Tom salua Andreas de la tête avant que son regard ne s'attarde sur quelque chose dans ses propres mains. Un homme plus âgé, la seule autre personne du magasin, sortit de derrière le comptoir et sourit. « Bonjour. »

« Hey, » dit Andreas, restant à la porte. « J'étais juste en train de marcher par là, pour connaître les alentours, et j'ai vu le magasin... »

Bill cogna ses pieds contre le comptoir et s'appuya sur ses genoux. Il portait un imperméable jaune, Dieu seul savait pourquoi, et un pantalon rayé qui s'arrêtait juste sous ses genoux. Il avait des sandales trop grandes aux pieds. Son maquillage aux yeux était vert. Tom s'assit et mit un casque de musique sur ses oreilles, repoussant ses cheveux en arrière.

« C'est la meilleure boutique, » dit Bill. Il posa ses pieds sur le comptoir et se roula en boule. L'homme plus âgé, qui était selon Andreas le patron, ne semblait pas s'en soucier.

« Ils disent ça depuis des années, » gloussa le vieil homme.

« Nous sommes les meilleurs clients de Monsieur Kaufmann, » dit fièrement Bill.

« Les plus fidèles, en tous cas. Vous allez tous à l'école ensemble ? » Demanda l'homme. Andreas supposa qu'il était Monsieur Kaufmann.

« Ouais, c'est le nouvel élève, » répondit Bill. Il n'arrêtait jamais de bouger, se tortillant et bougeant nerveusement constamment. « Andreas. »

Andreas était secrètement heureux que Bill connaisse son nom. « Plus vraiment nouveau maintenant. »

« Je pense que je veux celui-là, » dit Tom fortement. Il avait le gros casque sur la tête et n'avait pas conscience qu'il parlait si fort. Bill le fusilla du regard et indiqua ses oreilles. Tom leva les yeux au ciel et retira le casque. « Celui-là c'est sûr. »

« Tu as de l'argent cette fois ? » demanda gentiment monsieur Kaufmann. Tom rougit un peu et secoua la tête. « C'est d'accord. Vous reviendrez me payer quand vous serez tous les deux célèbres. »

Ils rirent tous, et Andreas était plus curieux que jamais. Il jeta de nouveau un coup d'½il à Bill. Bill était perché sur le comptoir, feuilletant un magazine à présent. Andreas ne pensait pas qu'il oublierait un jour l'image de Bill dans cet imperméable jaune.

« Je dois y aller, » dit Andreas. « Mon père m'attend. »

« Ok, » dit Tom.

« On se voit à l'école, » ajouta Bill joyeusement.

« Heureux de t'avoir rencontré, Andreas. J'espère te revoir ici bientôt, » dit Monsieur Kaufmann, souriant.

Andreas sourit en retour. « Ouais, au revoir... Bye. »

Il hésita un autre petit moment afin de donner aux jumeaux une chance de dire quelque chose. Tom était déjà retourné farfouiller les disques et Bill avait sauté du comptoir et errait dans le fond du magasin. Andreas se sentit déçu, et bête. Bien sûr qu'ils n'allaient pas le supplier de rester.

Andreas sortit de la boutique, les mains dans les poches. Il ne les connaissait pas vraiment mais ils le faisaient se sentir terriblement ennuyeux. Même dans la façon dont il s'habillait. Il fronça les sourcils en regardant son simple polo et son jeans. Il avait toujours voulu être un peu plus extravagant avec son look mais son père ne l'avait jamais autorisé.

Pendant qu'il marchait vers chez lui il pensa à sa mère. Quand il vivait avec elle son père était beaucoup plus détendu, permissif avec certaines choses. Sa mère maintenant l'équilibre entre eux deux. Maintenant qu'il y avait seulement Andreas et son père, ils se disputaient tellement qu'il était plus simple qu'ils ne s'adressent pas la parole. Les trois qu'ils étaient se retrouvaient juste à deux, et Andreas ressentait cette absence quotidiennement.

Il passa à côté d'une maison qui semblait plus charmante que les autres. Il y avait un petit quelque chose qui faisait qu'elle se distinguait. Quand il jeta un coup d'½il à la boîte aux lettres, il vit qu'il était écrit Kaulitz-Trumper. Il savait que c'était le nom de famille des jumeaux.

Se sentant de nouveau bizarre, il accéléra et marcha rapidement jusqu'à sa maison. Pourquoi était-il si focalisé sur les jumeaux ? Il savait que c'était étrange. Il n'était pas si désespéré en amitié. Si il voulait des amis, il pouvait facilement en avoir. Se faire des amis a toujours été facile pour Andreas. La façon dont il scrutait ces jumeaux était complètement étrangère à sa manière d'être.

Au moins il savait où ils vivaient.



**


« Je peux m'asseoir ? »

Andreas leva les yeux et vit les deux jumeaux Kaulitz debout à l'autre bout de sa table. Bill avait été celui qui avait demandé.

« Tous les deux ? » dit Andreas. « Je ne sais pas. »

« Juste moi, » marmonna Tom, s'asseyant avant d'avoir eu une réponse. Il retourna son sac de déjeuner et tout le contenu se renversa. Bill grogna et s'assit à côté de lui. Il n'avait pas de repas avec lui.

« Vous n'étiez pas en français aujourd'hui, » leur dit Andreas. Tom avait pris une énorme bouchée de son sandwich.

« Nah, nous sommes arrivés il y a juste une heure, » dit Bill. Il prit le soda que Tom avait balancé et l'ouvrit. « Tom a fait la grasse matinée et je n'arrivais pas à trouver quoi me mettre. »

« Votre mère... vous laisse faire ça ? » demanda Andreas. Il se sentit soudainement très snob avec son sandwich et son raisin.

« Elle ne nous laisse pas, mais ça arrive simplement, » dit Tom. « Bill, allez, j'allais le boire. »

« Alors bois-le, » dit hargneusement Bill. Il posa le soda sur la table et se tourna vers Andreas. « On a manqué quelque chose ? »

Andreas haussa les épaules. « J'ai dormi la plupart du temps. »

Bill sembla le trouver carrément drôle. Pendant qu'il riait, Tom sourit, amusé. « Ouais, c'est ce que je fais d'habitude, » dit-il vaguement.

« Tom dort tout le temps d'habitude, » dit Bill.

« Comme si tu ne le faisais pas ? »

« Je ne le fais pas. »

« Tu l'as fait ce matin ! »

« Je n'arrivais pas à choisir une tenue ! »

« Ouais, parce que tu étais endormiiiiii. » Ils rirent tous les deux.

Andreas les regarda, perplexe. « Je pourrais vous donner les devoirs, si vous voulez. »

Bill haussa les épaules et vola encore le soda de Tom. Tom le lui reprit, se révoltant. « Ouais, ce serait super, » dit Bill. « La prof nous déteste, pourtant, je ne pense pas qu'elle se fiche qu'on ait loupé quelque chose. »

« Pourquoi elle vous déteste ? » demanda Andreas.

« Pour les mêmes raisons que tous les autres professeurs nous détestent, » répondit Tom, riant un peu fièrement. « Nous sommes des énormes connards. »

« Tomi, » gémit Bill, levant les yeux au ciel.

« Vous l'êtes ? » Andreas les regarda tous les deux.

« Lui l'est, » marmonna Bill. Il glissa le soda devant lui et se pencha pour prendre une petite gorgée. Andreas remarqua qu'il avait des mèches violettes et vertes éparpillées en désordre dans ses cheveux noirs. C'est alors qu'il se rendit compte que Bill avait probablement teint ses cheveux en noir, ce n'était pas naturel. Il devrait être blond foncé comme Tom.

Tom reprit le soda et fourra le reste de son sandwich dedans. Bill haleta et donna un coup de poing dans le bras de Tom. Andreas se souvint que Bill avait fait quelque chose de vraiment similaire avec une brique de lait et des pâtisseries.

« Tu aurais dû garder ton déjeuner, » dit Tom.

« Il est où ? » Andreas observa le visage de Bill.

« J'ai oublié de nourrir notre chien ce matin donc je lui ai juste donné mon déjeuner, » expliqua Bill, apparemment exaspéré. « Il était reconnaissant. »

« Pas de la bouffe pour chien ? » dit Andreas.

« Ouais, c'est pour ça. »

Tom grommela.

Bill soupira et se leva. Sa chemise avait des perles accrochées et elles tintèrent quand il bougea. « Je dois aller regarder certains trucs à la bibliothèque. Au r'voir. »

Andreas le regarda s'éloigner, un peu inquiet. « Je l'ai fait chier ? »

« Non, non, » dit Tom. « Il est juste cinglé. »

Alors que Tom entassait le plus possible de restes dans le soda, sa langue se pressa entre ses lèvres sous la concentration, Andreas ne pouvait pus s'empêcher de penser que ce pot ressemblait à une marmite noire.

Ils mangèrent le reste de leurs déjeuners en silence. Andreas continuait de lui jeter des regards, se demandant si Tom s'ennuyait ou s'il l'aimait ne serai-ce qu'un peu. Il avait le sentiment que Tom allait partout où Bill allait.

Quand la sonnerie retentit, Andreas fut le premier à se lever. Tom continua à jouer tranquillement avec sa nourriture, construisant des sortes de tours avec son soda et des bretzels. « Alors, je te revois en cours, » dit Andreas.

Tom hocha la tête, sans lever le regard. « Il parle de toi, tu sais. »

Andreas se figea. « Hein? Bill? »

« Ouais. »

« Oh. » Andreas fixa Tom un moment. Tom était vraiment concentré sur sa nourriture, Andreas était sûr qu'il n'aurait pas plus de conversation avec lui à présent. « A tout à l'heure. »

Tom hocha encore la tête.

Andreas s'éloigna, se sentant un peu plus léger. Il était extatique, pour une obscure raison, que Bill parlât de lui. Ca le rendait heureux.

Tandis qu'Andreas était assis en cours de français, les bras repliés et se penchant en arrière sur sa chaise, il continua à regarder Bill. Bill était tellement agité et bizarre. Il y avait toutes ces nuances qu'Andreas savait étranges, mais il les trouvait juste attachantes. Bill s'était tassé sur sa chaise et avait regardé autour de lui, il avait ensuite pris une des épingles à nourrice de sa chemise et avait gravé dans le bureau pour un moment. Après en avoir eu marre, il avait ouvert un carnet crade et écrit furieusement dedans. Il regardait constamment derrière lui vers Tom et articulait silencieusement des choses, et Tom riait doucement. Ils avaient leur propre langage.

Pendant ce temps, juste à côté d'Andreas, Tom travaillait vraiment dur au taillage d'un crayon avec un canif qu'il avait. Sa tête était inclinée et il était courbé derrière son bureau. Andreas ne pouvait même pas imaginer ce qu'il essayait de faire.

Andreas voulait terriblement être leur ami à tous les deux. Ils étaient arrivés à le cerner complètement, et il avait besoin de faire de même avec eux. Ils étaient l'opposé total du genre d'enfants qui s'accrochaient à lui dans son ancienne école. Dans son ancien collège il était populaire, il faisait du sport. Il ne s'asseyait pas seul au déjeuner.

Pourtant, dans cette nouvelle école, il voulait une vie différente. Il savait ce que c'était que d'avoir beaucoup d'amis et ne jamais chercher quelque chose à faire. C'était facile à vivre. Il avait observé Bill et Tom au cours des semaines, cependant, et bien qu'ils aient été méprisés quotidiennement par les autres étudiants, leurs professeurs, et essentiellement tout le monde, ils étaient heureux. Andreas n'avait jamais vu personne aussi content d'être différent.

Il entendit du mouvement à côté de lui et vit que Tom était penché en arrière et fixait sur le plafond. Bill regardait par-dessus son épaule avec espoir. Andreas avait le sentiment que quelque chose était sur le point d'arriver.

« Sortez vos livres et ouvrez les à la page soixante-quatre, » bourdonna le professeur, se tournant vers le tableau.

« Fais-le, » dit silencieusement Bill à Tom, les yeux écarquillés et il avait un petit sourire sur le visage.



Andreas regarda Tom. Tom avait le crayon très taillé dans la main et il l'étudiait, l'expression grave.

« Nous commencerons par le subjonctif, » dit l'enseignante, jetant des regards au livre sur son bureau. « Je pense que nous somme prêts pour ça. »

Tandis qu'elle regardait toujours vers le bas, Tom pointa le crayon vers le plafond et le lança là. Le bout, piquant et pointu, se planta dans le plafond et le crayon s'y accrocha désespérément. Bill commença à ricaner, et quand Andreas leva les yeux, il commença à rire aussi. Il devait y avoir dix crayons là haut.

« Qu'est ce qui est si drôle ? Mr. Kaulitz ? Lequel d'entre vous l'a fait cette fois ? » Dit bruyamment le professeur. Elle regarda au plafond et soupira, levant les yeux au ciel et marchant vers le bureau de Tom. « C'est très drôle, n'est-ce pas ? »

« Ouais, » dit simplement Tom.

« C'est pourquoi vos parents ont été appelé pour un entretien, » siffla t-elle, juste assez fort pour que seulement Tom entende, mais Andreas entendait chaque mot. « C'est pourquoi les autres parents ne vous veulent plus ici. »

Tom fit une grimace et regarda vers le plafond. « A cause de ça ? »

« Etes vous conscients que nous avons dû nous battre pour vous garder tous les deux ensemble ? L'administration voulait vous séparer, sur demande des parents, mais nous avons eu l'impression que cela ne ferait que vous pousser tous les deux à faire encore plus de bêtises,” continua t-elle.

« Désolé pour ça, » Tom ne semblait pas affecté.

Bill ricanait toujours doucement. Andreas croisa son regard et ne pus s'en empêcher. Il se mit à rire aussi. C'était contagieux.

L'enseignante jeta un coup d'½il à Andreas et plissa les yeux. « Et est-ce que vous avez un rapport avec ça ? »

Andreas devint calme d'un coup. Il avait l'impression que quelque chose en lui avait changé, à l'instant même.

« C'est moi qui l'ai fait, » dit Andreas, essayant de sembler honnête et seulement un peu désolé.

Le professeur soupira encore. « Je ne sais pas pourquoi vous, un nouvel élève à l'école, essayez de les couvrir, eux. Mais très bien. Si c'est ce que vous voulez, alors c'est ce que vous aurez. Retenue après les cours aujourd'hui pour vous. »

« Oui, m'dame, » murmura Andreas, se tassant soudainement sur son propre siège.

« Félicitations, vous avez un nouveau complice, » dit méchamment le professeur à Tom avant d'aller flâner dans le fond de la classe. Andreas avait l'impression qu'il avait une pierre dans le creux de l'estomac. Il n'avait jamais eu de retenue avant. Il espérait juste qu'ils ne contacteraient pas son père.

Alors il leva de nouveau le regard et vit Bill, toujours tourné sur son siège. Seulement cette fois, il ne fixait pas son frère. Il fixait directement Andreas. Andreas haussa les épaules et Bill lui répondit par un très petit sourire. Reportant son regard vers le bas, sur son livre, Andreas sentit une petite secousse dans son ventre.

Il espérait qu'il les avait un peu impressionné, spécialement Bill.



**



Andreas marcha vers sa retenue nerveusement après les cours. Il y avait des rangées de tables inégales, une vieille télévision dans le coin, et une très vieille carte du monde sur le mur. Il avait vérifié auprès du professeur au fond de la salle et on lui avait dit de trouver un bureau et de s'y asseoir.

Quand il fut assis depuis quelques minutes, Tom arriva dans la pièce et bavarda familièrement avec l'enseignant. Andreas regardait, confus. Il pensait qu'il avait sauvé Tom de la retenue. Tom sembla rapidement contrarier le professeur car son visage s'assonbrit et il indiqua quelque chose dans la direction des bureaux. Tom se tourna et eut un sourire amusé sur le visage.

Andreas eut l'impression qu'il commençait vraiment à 'cerner' les jumeaux.

Tom vit Andreas et glissa dans le bureau à côté de lui. « Hey, » salua-t-il.

« Salut, » répondit doucement Andreas. « Um. Qu'est ce qu'il se passe ? »

« Je l'ai questionné à propos de sa femme, parce que j'avais entendu qu'ils avaient des problèmes, et ensuite il a pété un câble. Je ne sais pas, » dit Tom, haussant les épaules, « j'étais réellement intéressé. »

« Non, je veux dire... pourquoi tu as une retenue ? Je pensais que... tu sais, tu ne serais pas collé vu que je le suis. »

« Oh. » Tom fouilla dans son sac à dos jusqu'à ce qu'il trouve une orange épluchée. Il l'essuya avec son bras et commença à la manger. « Après le français je suis retourné chercher mon livre, parce que je l'avais oublié. Alors elle a m'a un peu râlé dessus à propos du mauvais exemple que j'étais et de la mauvaise image scolaire que je donnais ou d'autres merdes. Je l'ai insultée et elle m'a donné une punition. C'est une salope. »

Andreas pensait que Tom était un des mecs les plus cools qu'il n'ait jamais rencontré. « Oh... »

« Alors, ouais, tu aurais dû me laisser faire cette colle,” dit Tom, souriant en coin. “Nous finissons toujours ici, finalement.”

“Nous?”

“Moi et Bill. Il s'en est bien tiré aujourd'hui pourtant... Il a quitté l'école tôt. »

« Pour quoi faire ? »

« Quelque truc de musique, je ne sais pas. Tu en veux un peu ? » Tom offrit l'orange qui avait l'air pathétique.

Andreas faillit faire une grimace, mais il avait faim. « Où est la peau ? »

« Notre mère l'enlève tout de suite et la met dans le composte, » dit Tom. « C'est dégoûtant. »

« Ouais, donne-m'en un peu. »

Tom sourit et arracha un quartier de l'orange, et le passa à Andreas. Andreas le prit et scruta le contour. Il y avait un genre de poil collé dessus. Il s'en moquait pourtant.

Il se sentait mieux qu'il ne l'avait été depuis des mois.

# Posté le mercredi 03 juin 2009 09:42

Modifié le dimanche 28 juin 2009 14:49

Chapitre 4/12

Chapitre 4/12
« Hey. »

Bill s'assit à la table d'Andreas dans la bibliothèque. Andreas posa son livre et le ferma. Il n'était pas en train de lire, de toutes façons.

« Salut... Comment tu m'as trouvé ? » demanda Andreas.

« J'ai des yeux, » répondit Bill, posant son sac à bandoulière sur la table.

« Où tu étais, ces temps-ci ? » Andreas se sentit gêné intérieurement. Quelle question. Bill ne sembla pas s'en soucier, cependant.

« Et bien, j'avais ce truc en ville... Ensuite j'ai été malade. Angine, tu vois. C'est Tom qui l'a, maintenant. Puis hier j'avais juste envie de me balader avec ma mère, » dit Bill. « Donc c'est ce que j'ai fait »

« Tu manques beaucoup l'école. »

« Je ne pense pas avoir beaucoup manqué à l'école. » Bill sortit un miroir de son sac et vérifia son visage. « Désolé. Qu'est-ce que tu lis ? »

« Ce livre pour les cours... Tom a dit que tu as un truc de musique en ville. Ca voulait dire quoi ? » demanda Andreas.

Bill s'égaya. « Je suis dans un groupe. En fait, Tom et moi sommes dans un groupe. Ma mère et moi on est allés en ville parce qu'un type pensait que nous pourrions devenir quelque chose. »

« Woah. Vraiment ? »

Bill haussa lentement les épaules. « Ca n'a pas abouti. C'est souvent le cas d'ailleurs. Mais c'est toujours mieux qu'être au bahut. Ma mère et moi on est sortis dîner. »

« Cool. Quel groupe ? » Andreas faisait de gros efforts pour ne pas sembler trop curieux.

« Tom et moi sommes dans un groupe avec nos amis, Georg et Gustav. Ils ne sont pas ici en cours. Ils sont plus vieux, aussi, » expliqua Bill.

« Qu'est-ce que vous jouez, tous ? »

« Tom est à la guitare, Georg à la basse. Gustav est batteur, et moi je chante, » dit Bill, l'air timide pour la première fois. « On s'appelle Devilish. »

« Alors vous devez être vraiment bon, si les gens continuent de garder un ½il sur vous comme ça, même si ça n'aboutit pas, » lui dit Andreas. « Au moins vous savez que vous êtes bons. »

« On est pas mal. Tu devrais venir à une de nos répétitions un de ces quatre, c'est sympa, » dit Bill, ses joues rosissant.

Andreas sourit. « Ca serait cool. Je joue de la batterie. Enfin, j'en jouais. Bref, j'ai une batterie. »

Les yeux de Bill étincelèrent. « Je parie que tu es vraiment bon. »

Maintenant c'était au tour d'Andreas de rougir. « Je fais juste n'importe quoi avec, franchement. Je joue mes groupes préférés et trucs du genre. C'est pas grand-chose. »

« Je parie que tu es vraiment bon, » répéta Bill fermement. La sonnerie annonçant le début des cours retentit, et Andreas commença à se lever. « Attends, ne pars pas. Y'aura pas mort d'homme si tu arrives cinq minutes en retard. »

Andreas rit. « La retenue n'était pas marrante. »

« Tom a dit qu'elle était vachement marrante. »

« Tom a dit ça ? » Andreas haussa les sourcils, agréablement surpris. « Ouais, elle était assez drôle, je suppose. »

« Désolé de pas avoir été là, d'habitude j'y vais, » dit Bill, souriant.

« Moi aussi je suis désolé que tu n'aies pas été là, » répondit Andreas. Il avait l'impression d'être en train de flirter, et ça le fit rougir plus fort.

« Ouais... Bien. Hey, » dit Bill. « Tu viens après l'école aujourd'hui ? On pourra marcher jusqu'à la maison et je te montrerai certains trucs du groupe, genre où on répète. »

« Et aussi le tas de compost ? »

« Comment tu sais à propos du tas de compost ? » dit Bill, fronçant le nez et riant. « Si tu veux, mais ce truc est dégueulasse. »

Andreas sourit. « Ouais, il le faut. On se rejoint à ton casier après le dernier cours ? »

Bill hocha la tête. « Tu sais où il est ? Je le partage avec Tom parce que... beaucoup d'autres élèves tournent autour du mien et... » Il grimaça. « J'ai des cicatrices qui prouvent à quel point c'était mauvais. »

« Ouais, je sais où il est, » dit Andreas, essayant de ne pas imaginer Bill se faire maltraiter. Ca le mettait trop en colère. « On se revoit tout à l'heure alors. »

« Génial, » dit Bill, les yeux scintillants. « Bye. »

Il se tourna et partit, plaçant des écouteurs sur ses oreilles. Il portait une chemise rayée noire et jaune avec des bretelles, un pantalon rouge qui s'arrêtait juste sous les genoux, et des bottes de combat qui semblaient avoir été peinte avec du vernis à ongle à paillettes. Ses cheveux étaient souples, avec une raie sur le côté et ramenés sur un ½il, et il portait quelque chose qui ressemblait suspicieusement à un collier de chat. Alors qu'il s'éloignait d'Andreas, il dansa un peu sur la musique de ses écouteurs.

Andreas secoua la tête. Il pouvait à peine croire la chance qu'il avait, vraiment.


**


Andreas fut très surpris de trouver Bill qui l'attendait à son propre casier quand il sortit de son dernier cours.

« Salut, » dit Bill, lui souriant quand il arriva.

« On ne devait pas se rejoindre au casier de Tom ? »

« J'ai séché le dernier cours alors j'ai pensé que je devrais plutôt venir ici, pour t'économiser un voyage » répondit Bill.

« Tu as séché ? T'es allé où? » Demanda Andreas, sortant des livres de son casier.

« Tom et moi on est allés dans les coulisses du théâtre et on s'est posés sur les divans qu'il y a-là bas, » dit Bill. « C'est le meilleur endroit où aller, si jamais tu veux sécher. »

Andreas ferma son casier et ils commencèrent à marcher. « Qu'est-ce que vous avez fait ? Et où est Tom maintenant ? »

Le visage de Bill s'assombrit. « On s'est assis. Tom raccompagne cette fille, Giselle, chez elle. »

« Tu l'aimes pas ? »

« C'est une pétasse. Elle ne mérite pas Tom et il n'y a aucune raison qu'il l'aime bien. Elle n'est même pas mignonne. »

Andreas se sentit gêné. « C'est une de ces filles qui... um... te dit des trucs ? »

Bill hocha la tête.

« Pourquoi Tom ferait ça ? Ca craint pour lui, » dit Andreas, fronçant intensément les sourcils.

Bill haussa les épaules. « Peu importe. Il peut faire ce qu'il veut. Tu as faim ? »

« Ouais, je mange un sandwich quand je rentre chez moi d'habitude, » dit Andreas.

« Moi aussi, à quoi ? »

« Jambon et fromage. »

« Oh »

Andreas regarda Bill. « Et toi ? »

« ¼ufs durs écrasés avec du rôti de b½uf et olives saumurées. »

« Ew, » dit Andreas, riant. « Est-ce que tu trouves ça dans le tas de compost ? »

« Peut-être, » répondit Bill, gloussant doucement. « Pour ta gouverne, sache que je pense que ton jambon et ton fromage sont tout aussi dégoûtants. »

« Certes. »

Ils se regardèrent et rirent plus fort. Bientôt ils avaient tourné le coin de rue familier où Andreas avait marché peu de temps auparavant. Toutes les maisons devenaient de plus en plus pittoresques et il savait exactement où était celle de Bill.

Bill trottina jusqu'au portail et commença à traverser la pelouse de sa maison. Andreas observa attentivement l'endroit lorsqu'il franchit la barrière. Il y avait certaines touches subtiles qui faisaient que la maison était plus unique que n'importe laquelle du quartier. Ca indiquait que les jumeaux vivaient là.

Ils entrèrent par la porte d'entrée et Andreas s'arrêta dans l'entrée. « On enlève nos chaussures ? » demanda t-il.

« Pourquoi ? » Bill le dévisagea.

« Parce que... » Andreas haussa les épaules. Ca avait toujours été une des règles de chez lui. « Peu importe. »

« Laisse ton merdier n'importe où, » dit Bill, jetant son cartable par terre. « Allons manger quelque chose, je suis affamé. »

Andreas posa son sac à dos par terre avec hésitation et suivit Bill à travers la maison. C'était tellement encombré, mais rien ne semblait ne pas être à sa place. Andreas comprit tout de suite que le bazar était censé être là.

« Ce n'est pas grand-chose, » dit Bill, regardant par-dessus son épaule. « Mais c'est ma maison. Et ici c'est ma cuisine... »

Ils passèrent à travers deux portes à battants en mosaïque qui semblaient faites à la main. La cuisine était immense, avec une grande table en bois au milieu et des pots et des casseroles étaient accrochés partout. Une femme était assise à la table, lisant quelque chose dans un magazine. Bill se pencha immédiatement sur elle et lui embrassa la joue.

« Hey, Maman, » dit-il.

Elle sourit et leva les yeux. Ses yeux tombèrent sur Andreas. « Oh, bonjour. »

Andreas sourit. Bill et Tom lui ressemblaient beaucoup, surtout Bill. « Bonjour... »

« C'est un ami de l'école, » lui dit Bill.

« C'est Andreas ? » dit vaguement sa mère, ses yeux brillants.

« Ma-man, » pleurnicha Bill.

Andreas commença à sourire. « Ouais, c'est moi. Heureux de vous rencontrer. »

« Je suis Simone, » répondit-elle chaleureusement, tendant sa main vers Andreas. « Je suis vraiment ravie que tu sois ici. »

« C'est bon, Maman, » dit fortement Bill. Il embrassa encore sa joue. « On a faim. »

« Et bien, débrouillez-vous. Je dois aller à la galerie et réarranger quelques trucs, » dit Simone, repoussant sa chaise. « J'attendais juste que tu rentres à la maison pour te dire bonjour. Et Andreas, » ajouta-t-elle, « c'était vraiment merveilleux de te rencontrer enfin. »

Andreas sentit ses oreilles devenir incroyablement chaudes. « Vous aussi. »

« Où est ton frère ? » demanda Simone à Bill.

« Ugh. Il raccompagne Giselle, » grommela Bill.

« Celle qui est hargneuse ? » dit carrément Simone. « Il y a des fois où je ne comprends pas ton frère. »

Bill haussa les épaules. « C'est une salope, il s'en rendra compte. »

« Je suis désolée, chéri, » dit doucement Simone, étreignant Bill. « On en reparlera plus tard. Fais comme chez toi, Andreas. Notre maison est la tienne. Bye, les garçons. »

« Bye, » dirent-ils tous les deux. Andreas se sentait entouré d'une agréable chaleur, debout dans la cuisine Kaulitz. Il avait l'impression qu'il était à sa place, et il s'imaginait très bien rester ici. Bill fouilla dans les placards et sortit différentes choses. Il grimpa sur le comptoir et se percha là un moment, regardant au dessus du réfrigérateur.

« Qu'est-ce que tu cherches ? » demanda finalement Andreas.

« Non, rien, j'étais juste en train de réfléchir. Tu veux du jambon et du fromage ? Je pense qu'on doit avoir du jambon, Tom aime ça. » Bill sauta du comptoir et tira sur son pantalon.

« Je prendrai ce qu'il y a, » répondit Andreas, s'asseyant à la table. Soudain, il entendit un miaulement. « Un chat ? »

« Oh, merde ! Kas. » Bill se retourna et un petit chat trotta dans la cuisine, miaulant tristement. « Ma chatte, Kasimir. Je la nourris tous les jours après l'école. » Il prit le chat dans ses bras et marcha jusqu'à un petit meuble, et en sortit une conserve de nourriture pour chat. « C'est une petite garce. »

Andreas rit. Bill jurait beaucoup. « Qu'est-ce qu'elle a bien pu te faire ?”

"Je sais pas." Bill lâcha le chat et commença à ouvrir la boîte. « Ugh. »

« Ca sent trop mauvais, » dit Andreas.

« Je sais... c'est genre la pire chose que j'ai jamais sentie, » répondit Bill, fronçant le nez.

« Manges-en, » suggéra Andreas, riant toujours. Bill le fusilla du regard, et Andreas leva les mains. « Je rigole. »

« Tu me mets au défi ? » demanda Bill, souriant en coin.

« Pas vraiment, non. »

« Vas-y, défie-moi. » Bill renifla la nourriture.

Andreas fit une grimace. « Bon, je te défie. »

« Qu'est-ce que tu me donnes si je le fais ? »

« J'ai un euro ? » Andreas fouilla dans sa poche et sortit une pièce. « Ouais, je te donne cet euro. »

« Je ne vais pas manger de la nourriture de chat pour un euro, » protesta Bill.

« Ok, ne le fais pas. »

« Non, je le ferai. »

Andreas regarda Bill qui creusa un peu de nourriture pour chat avec son doigt et le mit dans sa bouche. Il mâcha pensivement, fixant le plafond, et puis avala. « Pas si mauvais. Pas bon non plus, remarque. »

Andreas recommença à rire. « Je ne peux pas croire que tu viens juste de... Voilà, prends l'euro. »

« Nah, garde-le. »

« Tu t'es toi-même défié de manger de la nourriture pour chat, » dit Andreas lentement. « Pour rien. »

« Ca semble vachement idiot quand tu dit ça comme ça, » dit Bill, sortant le reste de nourriture pour chat de la boîte pour le mettre dans la gamelle du chat. Puis il balança la conserve et s'appuya contre le comptoir. Tom déboula par la porte de la cuisine juste après.

« Hey. » Il vit Andreas. « Woah, hey. »

“Salut,” répondit Andreas.

“Bizarre, c'est comme si je savais que tu serais là,” dit Tom, souriant. « Qu'est-ce que vous faites les mecs ?»

« Bill vient juste de manger de la nourriture pour chat, » dit Andreas. Bill haussa les épaules vers Tom.

« Encore ? » Tom prit une banane, déjà épluchée, dans le frigo. « Il ne faut pas l'encourager, c'est comme ces choses bizarres qu'il fait. »

« Tom ! » brailla Bill. Il leva les yeux au ciel et secoua la tête vers Andreas. « Ce n'est pas vrai. »

« Je crois Tom, » dit Andreas pour s'excuser.

Bill fronça les sourcils et s'assit à la table. « Comment va Giselle ? » demanda t-il solennellement à son frère.

« Elle va bien... Elle dit certains trucs malveillants alors je ne pense pas que je la raccompagnerai encore chez elle, » dit Tom.

« Je te l'avais dit. »

« Ouais, tu me l'avais dit. » Tom sourit un peu à Bill et Andreas s'éclaircit la gorge. « Vous avez déjà mangé les mecs ? »

« Non, » dit Bill, toujours renfrogné. « Nous allions le faire. Tu veux quelque chose ? »

« Ouais, allons manger en regardant la télé, » dit Tom, attrapant déjà des trucs sur le comptoir. Il sortit de la pièce et Bill leva les sourcils vers Andreas.

« Est-ce que tu veux y aller ? »

Andreas hocha la tête. « Bien sûr. »

Alors qu'ils faisaient quelques casses croûtes et les apportaient dans l'autre pièce pour rejoindre Tom, Andreas ne put s'empêcher de remarquer le changement d'humeur de Bill. Il avait des sautes d'humeur, c'était certain, et elles étaient surtout déclenchées par Tom, d'après ce que Andreas pouvait en dire. Pourtant il pouvait facilement le concevoir – ils étaient tout ce que l'autre avait, il était donc normal qu'ils s'affectent autant l'un l'autre.

Bill sauta sur le divan où Tom était et s'assit sur ses épaules, gloussant et se tortillant sur lui. Tom protesta et poussa Bill du canapé, par terre. Ils riaient tous les deux follement. Tout était pardonné.

Andreas fit un sourire et prit place dans un fauteuil près du canapé.


**


Au cours des semaines suivantes, Andreas alla chez les jumeaux après l'école encore six fois. Ce n'était jamais une chose prévue jusqu'à ce que Bill mentionne qu'Andreas devrait venir à la maison avec eux ce jour. Andreas adorait aller là-bas. Bill et Tom étaient francs et drôles. Ils étaient assez lunatiques pour être toujours intéressés par quelque chose, et Andreas ne s'ennuyait jamais avec eux.

Leurs parents étaient formidables, aussi. Simone commençait à traiter Andreas comme l'un de ses propres fils, étant toujours aux petits soins pour lui quand il venait. Gordon, leur beau-père, avait toujours quelque chose d'intéressant à dire, aussi bien au sujet de la musique, du temps, que de quelque chose de totalement inutile. Leur maison était tranquille, sans pression. Il n'y avait pas de règles parce qu'aucune n'était nécessaire.

Un soir, Andreas était assis chez lui, faisant ses devoirs en mangeant un dîner léger. Un peu plus tôt il était allé chez les Kaulitz, et il avait mangé beaucoup de pâte à pizza crue. Pourtant, il devait faire semblant de manger un repas équilibré pour que son père le voit quand il rentrerait à la maison.

Andreas tourna la page de son cahier de français et vit quelque chose d'écrit avec l'écriture de quelqu'un d'autre. C'était un numéro de téléphone et il était griffonné en dessous : « Appelle en cas d'incendie. »

Il plissa les yeux et fixa le mot. Il avait travaillé avec Bill l'autre jour en français parce que Tom était absent. Bill s'était amusé, griffonnant des images et des gros mots en français dans la marge du cahier d'Andreas, mais Andreas ne se rappelait pas avoir vu ce mot si particulier.

Il l'arracha en un bout de papier et le regarda fixement.

« Andreas ? »

Andreas leva le regard et vit son père rentrer. « Salut, » répondit Andreas, glissant la page déchirée sous son manuel. « Je viens juste de finir mes devoirs. »

« C'est bien, » dit son père, déposant sa mallette. « Comment était l'école ? »

« C'était bien, » dit Andreas. Il vit son père froncer les sourcils. « J'ai une matière en plus en science, parce que j'ai beaucoup d'avance sur tous les autres. »

« Tu étais le seul, alors ? » demanda le père d'Andreas, le regard joyeux.

« Et bien... Il y avait aussi un autre à qui on a proposé. Il ne vient pas d'emménager, il est juste vraiment intelligent. Il a décliné l'offre, pourtant, » dit Andreas en pensant à Tom. Tom se fichait des matières supplémentaires.

« Tu es clairement le plus sensé, » gloussa son père. « Tu vas être le premier de la classe, c'est sûr. "

« Je ne m'en soucie pas vraiment, » dit Andreas doucement.

Son père soupira. « Autre chose ? »

Andreas pensa à sa journée, mais tout ce dont il pouvait clairement se souvenir était d'observer Tom faire des trucs en skateboard alors qu'il était assis sur le trottoir avec Bill. Ils mangeaient des glaces et lorsqu'ils étaient arrivés à la moitié, Bill avait décidé qu'il voulait celle d'Andreas à la place. Il avait supplié et supplié, et lorsque Andreas avait accepté de changer, elles étaient quasiment fondues. « Ca aura probablement le goût de la bouffe pour chat, » avait taquiné Andreas, et Bill avait juste levé les yeux au ciel et souri. Ses lèvres étaient violettes à cause de la glace.

« Non, rien d'autre, » dit Andreas.

Le père d'Andreas le fixa pendant un moment. « Tes cheveux deviennent trop longs, tu sais. »

« Je me suis dit que je voulais essayer quelque chose d'un peu différent, » expliqua Andreas, repoussant ses cheveux marron de ses yeux. « Ils ne vont pas devenir incontrôlables. »

« Hm. » Son père se tourna vers le comptoir de la cuisine. « Je vois que tu ne rentres plus bien tes chemises dans ton pantalon, aussi. J'ai essayé de ne rien dire parce que je sais que tu es distrait par l'école, mais quand même. »

« Je suis désolé. »

« Et pour le foot ? »

Andreas baissa le regard. « Je n'en veux pas. »

Son père soupira. « Tu ne peux pas continuer à te rendre responsable pour ce qui est arrivé. »

« Ok. » Andreas se leva et ramassa ses livres. « Je vais au lit maintenant, bonne nuit. »

« Reste là. »

Andreas se figea et se retourna.

« J'ai des nouvelles de ton école, tu sais. J'ai eu une lettre dans le courrier. Une colle, vraiment, Andreas ? » Son père semblait déçu. « Tu n'avais jamais fait ça. »

« Oh. » Andreas continuait de regarder le sol. « Ca n'arrivera plus. »

« Tu as raison, ça n'arrivera plus, » répondit son père. « Il y aura des conséquences la prochaine fois."

Andreas hocha la tête et sortit de la pièce. Il sortit encore plus sa chemise de son pantalon et froissa ses cheveux tandis qu'il montait les escaliers. Il avait le bout de papier déchiré avec le numéro de téléphone dans sa main. Si son père découvrait jusqu'où il avait été, il avait le sentiment qu'il ne lui pardonnerait jamais.


**


Bill faisait des pas chassés près d'Andreas tandis qu'ils marchaient pour rentrer à la maison depuis le magasin de disque après l'école. Tom suivait de près sur son skateboard, s'écartant sur la route de temps à autre, quand la circulation était calme. Bill avait deux albums dans les mains et Andreas buvait un soda.

« Dépêchez-vous, » Tom les appelait, derrière eux. « Vous êtes si lents. »

Andreas regarda par-dessus son épaule, ses cheveux lui rentrant vraiment dans les yeux. Il ne les avait jamais eu aussi longs, et il aimait de quoi ils avaient l'air. « Double-nous. »

« Laisse-moi monter dessus, » dit Bill, poursuivant Tom. Il saisit les épaules de Tom et grimpa sur l'arrière du skate. Tom leva les yeux au ciel mais donna facilement un petit coup vers l'avant. Andreas supposa que c'était quelque chose qui arrivait souvent.

« J'ai faim, » dit Tom. « J'espère qu'on aura quelque chose de bon pour dîner. »

« Moi aussi, » répondit Bill. Il regarda Andreas. « Tu veux rester pour dîner ? »

« Peux pas, » dit Andreas, avec regret. « Je dois rentrer à la maison et faire mes devoirs. »

« T'es pas drôle, » dit Bill en chantonnant, frappant Andreas dans les côtes. Andreas rougit et baissa les yeux. « T'es pas drôle ! Pourquoi tu ne viens jamais le week-end ? »

« Parce que tu ne m'as jamais demandé ? » Andreas leva les yeux. Bill le fixait, un sourire amusé sur le visage.

« Je t'ai dit de m'appeler. » Bill fit la moue.

Andreas sentit son estomac se retourner. Alors ça avait été Bill. « Ouais, en cas d'incendie. »

« En cas de n'importe quoi ! » Bill sauta du skate de Tom et marcha de nouveau avec Andreas. « Tom et moi allons au parc à minuit ce week-end, tu devrais venir. »

« Ouais, » dit Tom, souriant. « On a des feux d'artifices. »

Andreas pouvait déjà imaginer l'expression de son père si il essayait de lui demander de sortir tard. « Je ne sais pas. »

« Viens, » le pressa Tom. « Bill ne veut pas toucher aux feux d'artifices, c'est un gros bébé. »

« Je ne suis pas un bébé, » dit Bill avec vigueur. Il poussa Tom du skate et Tom trébucha, riant. « C'est toi le bébé. »

« Où vous avez eu des feux d'artifices ? » demanda Andreas.

« Georg les a eu, je ne sais pas où, » dit Tom. « On s'en fout. »

« Peut-être, » dit Andreas doucement. « Je ne sais pas comment je vais venir. »

« A pied, » dit simplement Bill.

« On viendra te chercher, » proposa Tom.

Andreas haussa les épaules. « Je vous tiens au courant. »

Bill sourit avec un air mignon. « Tu ne peux pas dire non. »

Andreas devint cramoisi. « Vos parents se soucient que vous sortiez si tard ? »

« Ils ne le savent pas vraiment, » dit Tom, « Ou si ils le savent, ils font comme s'ils ne le savaient pas. »

« On sort en cachette, » ajouta Bill. « Le village est le mieux la nuit. »

« Tes parents se feront du souci ? » demanda Tom à Andreas.

C'était une question innocente, mais Andreas se sentit soudainement morose. « Probablement. »

Bill sentit tout de suite que quelque chose clochait. Il poussa Tom de nouveau et cette fois, Tom cria en colère. « Trou du cul. »

« Enculé, » répondit Bill. Ils se sourirent. Bill se tourna de nouveau vers Andreas. « C'est pas grave si tu ne viens pas, c'est juste que ça serait cool."

Andreas regarda Bill. Bill était habillé d'un sweet à capuche orange brillant qui semblait cinq fois trop petit, d'un pantalon jaune avec des rayures bleues en long des côtés, et ses cheveux étaient aplatis sur un de ses yeux. Il avait du maquillage pour les yeux brillant, et deux Converses de couleurs différentes. Andreas imagina la réaction de son père vis-à-vis de Bill et décida que les jumeaux ne pourraient jamais venir chez lui.

« Qu'est-ce que tu regardes ? » demanda Bill.

« Probablement ta sale gueule, » dit Tom fort. Bill lui donna un gros coup de poing sur l'épaule.

Andreas rit doucement. « Rien, j'étais juste perdu dans mes pensées.”

Bill croisa le regard d'Andreas tandis qu'ils marchaient dans l'allée des jumeaux. « Reste pour dîner, » le pressa t-il.

Andreas fronça les sourcils. « Je peux pas. »

« Tu peux, » dit Bill fermement. Andreas secoua la tête. « Ok, reste quand même un petit moment alors. »

« Emménage, » plaisanta Tom, donnant un petit coup à son skate. « Ca ne dérangerait pas Maman. »

Ils rigolèrent tous les trois alors qu'ils entraient. Andreas failli trébucher sur les chaussures que Bill avait mises la veille, étalées dans l'entrée.

« Oh, viens là une seconde, » dit Tom à Andreas, tirant sur son bras. « J'ai tes notes de Bio que j'ai empruntées quand j'étais dehors. »

« D'accord, » répondit Andreas. Il jeta un dernier regard à Bill, qui déambulait dans la cuisine. Il suivit Tom à l'étage, quelque part où il n'avait jamais été avant. Il y avait trois pièces en haut de l'escalier, deux portes fermées et une salle de bain. Tom entra dans l'une d'entre elles et alluma la lumière.

Andreas se retrouva dans la chambre de Tom. C'était un des endroits les plus bordéliques dans lesquels il était jamais allé. Il y avait des habits partout sur le sol, et parmi les vêtements il y avait des médiators, des emballages de barres sucrées et des boîtiers de CD. Il y avait trois guitares dressées dans le coin. Sur le mur il y avait des posters de groupes, des classiques, des vieux, et deux posters d'écolières colorés provenant de manga.

« Désolé pour le bordel, » marmonna Tom. « Et pour l'odeur. »

« Pas de problèmes, » répondit Andreas. « J'aime bien tes guitares. »

« Ouais, ce sont mes copines, » répondit Tom, souriant. Il rampa sur son lit défait et farfouilla de l'autre côté. Quand il revint, il avait le cahier de Biologie d'Andreas dans la main. « Voilà... C'est possible que j'ai renversé de la merde dessus. »

« Je m'en fiche, » dit Andreas, riant. « Tant que je peux toujours le lire. »

Tom grimaça. « Je te promets rien. Allons retrouver ma s½ur. »

Andreas rit vraiment fort à la remarque. « D'accord. »

Il jeta un dernier regard dans la pièce tandis qu'ils sortaient. « C'est la chambre de Bill ? » demanda Andreas, indiquant l'autre porte fermée.

Tom hocha la tête. « Ouais. Tu as dû penser que l'odeur dans ma chambre était mauvaise... »

Ils descendirent les escaliers et Andreas remarqua qu'il commençait à faire sombre. Il devait bientôt partir. Quand ils s'approchèrent de la cuisine, Andreas entendit la voix de Bill.

« Mais tu me laissais toujours avant, » était-il en train de pleurnicher à sa mère, qui touillait une tasse de thé. « Pourquoi tu fais la garce avec ça maintenant ? »

« Parce que tu as beaucoup trop manqué l'école, » répondit Simone d'un ton égal. Elle jeta un coup d'½il en l'air quand Tom et Andreas entrèrent dans la pièce. « Tom, tu as trop manqué l'école aussi. »

« Alors je ne le ferai plus, » dit Tom, haussant les épaules et prenant un soda dans le frigo.

Bill fixa Tom. « Maman, nous avons une chance d'être remarqués, » dit-il. « Demain en ville. Georg vient juste de me le dire. Lui et Gustav vont y aller. »

« Ce que leurs parents les laissent faire les concerne, » dit Simone. « Je pense que je suis plus qu'indulgente. »

« Je ne sais même pas ce que ça veut dire, » hurla Bill. « Laisse-nous juste y aller, putain. »

« Non. »

Andreas plia les bras, gêné.


**


« Et si c'était enfin ça ? » pressa Bill. « Et si tu nous faisais rater le truc qui va marcher pour nous ?”

“Alors je l'aurai sur la conscience pour toujours,” dit-elle, levant les yeux au ciel. « Il est plus important d'aller à l'école. »

« Les putains de gens me détestent là bas ! Tu veux savoir ce qu'ils ont fait hier ? Ces types allumaient des allumettes et les balançaient sur moi, » dit Bill, au bord des larmes. Andreas commença à avoir une douleur au coeur. « Et maintenant tu es debout ici, faisant ta grosse pute avec moi ? Tu es pire qu'eux. »

Tom toussa. « Bill... »

« Et je ne peux pas croire une chose pareille, putain tu ne crois même pas en nous, » continua Bill. « Tu penses que nous sommes merdiques. Comme si on allait jamais y arriver. Je parie que Gordon nous laisserait y aller. »

« Il ne vous laisserait pas, » dit Simone, exaspérée. « Tu réagis de façon excessive. Il y aura d'autres occasions, le week-end. »

« De la merde, oui, » dit bruyamment Bill. « Tu es la putain de pire mère qui existe. Je te déteste. »

Andreas commença à partir vers la porte. « Au revoir. » dit-il doucement. Chacun leva vaguement les yeux quand il partit et il n'était même pas arrivé à la porte d'entrée avant que les cris ne recommencent.

Il marcha jusque chez lui la tête basse, les cheveux dans les yeux, les mains dans les poches. Ce n'était pas la dispute en elle-même qui l'avait dérangé. C'était le fait que ça lui avait fait penser à sa mère.

Andreas n'en voulait pas à Bill de traiter sa mère comme ça. Il comprenait comment ça pouvait être. Mais depuis que sa mère était partie, elle lui avait profondément manqué et il était plus sensible sur comment les gens traitaient leur propre mère. Il se battait avec elle constamment, sans savoir qu'il ne l'aurait pas pour lui encore tellement longtemps. Normalement Andreas ne supportait pas d'être avec les mères des autres, mais Simone l'avait fait se sentir tellement à l'aise qu'il s'était ouvert à elle.

Maintenant, après avoir été près d'elle et de Bill comme ça, il ne pensait pas y retourner avant un moment.

Quand il arriva chez lui, il vit la voiture de son père dans le garage. Andreas grogna. Il rentra sa chemise et se frotta les joues au cas où il y aurait de la saleté dessus. Puis, il mit ses cheveux derrière ses oreilles.

« Bonsoir, » dit poliment son père quand Andreas entra dans le salon.

« Hey, » dit Andreas. « Salut. »

« Où étais-tu ? » Le père d'Andreas leva les yeux de son livre.

« Parti faire une promenade. »

« Il commence à faire froid. »

« Oui, mon général. »

« As-tu trouvé quelque chose d'intéressant dehors ? » Son père offrit un petit sourire.

« Juste.... Des trucs. » Andreas enleva son sweat-shirt et commença à sortir de la pièce. « Papa. »

« Hm ? »

« C'était une mauvaise journée. Pour, tu sais. »

Son père hocha la tête lentement. « Je resterai là. »

« Ok. » Andreas se tourna et monta dans sa chambre. Elle était ordinaire comparée à celle de Tom. Il n'avait rien sur les murs. Le sol était impeccable. Son lit était toujours fait. Il avait un bureau avec un ordinateur, une armoire en bois, un miroir, et quelques trophées de foot sur la bibliothèque. La seule chose qui détonnait était un gribouillage que Bill avait fait sur un bout de feuille, caricaturant leur prof de Français en chien. Il était accroché au dessus de l'ordinateur.

Andreas s'étendit sur son lit et enleva ses chaussures. Il se sentit soudain épuisé. Il ne pouvait pas s'arrêter de penser à Bill et Tom. Ils étaient toujours dans sa tête, encore plus maintenant qu'il était ami avec eux.

Il pensait spécialement à Bill.

Les jumeaux le changeaient, mais Bill était celui qui avait le plus d'impact. Andreas disait des choses seulement pour faire rire Bill. Il faisait toujours très attention à ce qu'il faisait devant Bill. Il rougissait quand Bill le regardait. Il espérait toujours que Bill allait dire un truc agréable sur lui, et il le faisait souvent. Les oreilles d'Andreas étaient rouges en permanence.

Il s'endormit, pensant à Bill


**


Andreas se réveilla quelques heures plus tard à une forte sonnerie. Il se réveilla en sursaut, s'asseyant et haletant. C'était le téléphone, et il sonnait juste à côté de son lit. Il regarda l'horloge. Il était presque 23 :30.

« Merde, » jura-t-il, paniquant. Il espérait que son père ne se réveillerait pas. Il prit très soigneusement le combiné et le porta à son oreille. « Allô ? »

« Est-ce que tu vas bien ? »

Andreas se figea. Bill. C'était Bill.

"Allô?"

Andreas s'éclaircit la gorge. “Uh.”

« Tu vas bien ? »

« Comment as-tu eu mon numéro ? » était tout ce qu'Andreas pu dire.

« Je l'ai trouvé. Tu vas bien ? »

Andreas essaya de se calmer. Si son père n'était pas encore entré et ne lui avait pas encore hurlé dessus maintenant, alors il savait qu'il était en sécurité. « Ouais... Ouais. Je vais bien. »

« Tu n'avais pas l'air bien. Je voulais juste vérifier, » dit Bill doucement.

« Il est tard, » répondit faiblement Andreas.

« Je sais. Qu'est-ce que tu fais ? Tu es fâché contre moi ? »

« Je dormais... Non, bien sûr que non, » dit Andreas. « Pourquoi ? »

« Parce que tu avais l'air genre de me détester quand je me suis engueulé avec ma mère. » dit Bill. « Je n'étais pas sûr. »

« Et bien, ce n'est pas le cas. »

« Tom a dit que nous devrions juste passer chez toi pour voir si tu allais bien, ou si tu nous détestais, mais j'ai dit que ce serait impoli. »

Andreas rit. « Ouais, ça aurait pu l'être.”

“Alors qu'est-ce qui n'allait pas ? Pourquoi tu es parti ? » Demanda Bill. Il avait l'air d'être si près du combiné qu'il le mangeait. Tout ce qu'Andreas pouvait entendre était une forte respiration.

« Ce n'est pas grand-chose, » lui dit Andreas, enroulant le fil du téléphone autour de ses doigts. « Je suis juste déprimé à cause d'un truc. »

« Oh. Quoi ? »

Andreas secoua la tête. Bill était si curieux. « Je ne pense pas que ça t'intéresse. »

« Bien sûr que ça m'intéresse. Dis-moi. »

« Je ne sais pas, ce n'est pas vraiment des choses qu'on dit au téléphone. »

Bill devint silencieux. « Tu veux qu'on fasse le mur? » chuchota-t-il.

Andréas gémit. Il le voulait, plus que n'importe quoi. « Peux pas, mon père va se réveiller. »

« Ca craint. Dis-moi alors. »

« Um... » soupira Andreas. « Ma mère est morte il y a un an. »

« Comment ? »

« Accident de voiture. »

« Je suis désolé, » dit doucement Bill. « Je ne savais pas. »

« Tu pouvais pas savoir... De toutes façons, je deviens juste bizarre quand il y a des gens avec leur mère près de moi, » admit Andreas. « Ce n'est pas grave et ce n'est pas tout le temps, ça arrive juste parfois ou un truc du genre. »

« Oh, » dit encore Bill. Ce fut le silence pendant un moment. « Tu es sûr que tu ne veux pas que je fasse le mur ? Je le ferai. Juste moi. Tom n'est pas invité. »

« Une autre fois, » répondit Andreas, souriant. « Je t'en dirai plus une autre fois. »

« Oh, ok, » dit Bill, l'air tout petit. « Et bien, salut. »

Il entendit le clic du téléphone, et puis la tonalité. Andreas fixa le téléphone, confus.

# Posté le mercredi 17 juin 2009 19:03

Modifié le dimanche 28 juin 2009 14:50